2026 : le film !

Pour cette nouvelle année, l’Éclos vous fait part de tous ses vœux et… d’une grande nouvelle.

Après très mûre réflexion, nous avons décidé de réaliser un film-documentaire sur l’atelier. Je parle de mûre réflexion parce que cela fait plusieurs années que nous avions ce souhait mais que nous ne le réalisions pas.

Pourquoi tant de tergiversations et d’hésitations ?

Parce que ce qui fait que l’Éclos est un atelier du Jeu de Peindre, c’est l’absence de regard. Il est difficile d’imaginer filmer ce qui ne se regarde pas.

Pourquoi le faire alors ?

Parce que peindre à l’atelier, ce n’est pas seulement peindre, ni même jouer, ni peindre en toute liberté ; c’est entrer dans un cadre et une ambiance qui donnent la possibilité d’exprimer les tracés de la Formulation. L’expression de ces tracés est à la fois la preuve de racines universelles qui relient les humains entre eux et une nécessité individuelle. Cela dépasse les notions de plaisir et de liberté, c’est une nécessité physique qui rééquilibre la personne et change son rapport aux autres.

Il est important de témoigner et de faire connaître ce qui se passe dans l’atelier car cela est d’une grande importance.

Pourquoi maintenant ?

Deux raisons

Une évolution

J’ai rencontré un atelier pour la première fois il y a 19 ans et suivi la formation d’Arno Stern il y a 14 ans. La formation m’a bouleversée, elle consistait à peindre dans le Closlieu, écouter Arno Stern et voir des milliers de diapositives montrant les tracés de la Formulation.

En 2014, j’ai ouvert l’Éclos parce que c’était un besoin. Je n’étais alors que très peu intéressée par la Formulation malgré les milliers de diapositives. J’étais sensible à l’ambiance, au respect absolu de l’individu, à l’absence de jugement et d’enseignement née de la confiance entière dans les capacités de la personne.

Onze ans plus tard, c’est différent. Les premiers mois de l’atelier ont été calmes mais ensuite cela n’a cessé de s’intensifier. Chaque année, une quarantaine de personnes de tous âges viennent peindre, certains depuis le début, d’autres pour quelques années et des tout nouveaux venus, et même quelques-uns depuis bien avant le début car arrivés d’autres ateliers !
Chaque semaine, je passe treize heures dans l’atelier : six heures dans le bouillonnement des tracés et gestes, une heure et demie où je peins et le reste du temps je prépare la Table-Palette, les pinceaux, range et classe des centaines de feuilles, cartons à dessins. Parfois, rarement, je fais l’exercice difficile et passionnant de revoir les tableaux avec la personne qui peint, quelquefois avec les parents.
Et aujourd’hui, je comprends l’obsession d’Arno Stern pour la Formulation, les milliers de diapositives et l’importance d’une telle découverte.

Je comprends qu’il ait consacré sa vie à faire connaître l’atelier, le Jeu de Peindre et la Formulation. Je le comprends tellement que je me dis qu’il faut absolument continuer ce travail d’information, qu’il est essentiel d’archiver, de faire connaître, d’offrir la possibilité au plus grand nombre de vivre cette expérience.

Une rencontre

Si la nécessité de réaliser un film documentaire est apparue depuis un certain temps, il fallait aussi trouver la bonne personne pour le faire, c’est-à-dire quelqu’un dont la présence ne trouble pas la quiétude de l’atelier. Cette personne est arrivée ! Il s’agit de Claire Benetreau : elle exerce le métier de cheffe monteuse et cadreuse, elle peint à l’atelier depuis cinq ans et sa fille depuis huit ans. Il était impossible pour moi d’ouvrir la porte de l’atelier à un ou une professionnel.le, même très professionnel.le, qui ne pratiquerait pas le Jeu de Peindre.

Nous nous sommes retrouvées à évoquer le projet de réaliser un film documentaire suite à notre vécu de l’atelier et notre constat commun de la nécessité de témoigner et faire connaître.

En fait c’était le bon moment, la bonne rencontre !

Et concrètement ?

Le travail a commencé : nous avons déjà filmé des temps de préparation, rangement, lu et relu beaucoup de livres, échangé…

Ce n’est qu’un début : nous aimerions aussi filmer des temps pendant l’atelier, réaliser des interviews.

Nous souhaitons prendre le temps et le faire le mieux possible. Nous n’avons donc aucune idée de la durée de ce travail. Tout ce que nous savons, c’est que nous voulons réaliser un documentaire complet, qui permette d’archiver, partager et faire connaître les différents aspects de l’atelier, des pinceaux à la Formulation.

C’est quoi exactement cette histoire de Formulation ?

L’atelier est un cadre d’une extrême simplicité, dédié à une pratique naturelle qui nous relie à des tracés universels appartenant à l’essence-même de l’individu, en cela il mêle le simple au complexe.

Comme je l’écrivais plus haut, il m’a fallu plusieurs années plongée dans l’atelier pour commencer à saisir l’importance de la Formulation même si j’avais ressenti quelque chose d’essentiel dès mon tout premier contact. Je ne vais donc ni me référer aux essais de définition donnés par Arno Stern, ni même tenter de vous l’expliquer.

Pour ceux qui le souhaitent, nous disposons de livres, textes, vidéos. Cela ne vous permettra pas de comprendre l’atelier ni la Formulation car cela se vit mais peut-être de vous approcher de la porte d’un lieu qui nous fait entrer dans ce monde si particulier… en attendant le film- documentaire !

Y-a-t-il déjà une idée de titre ?

Il y a 11 ans, c’était l’éclosion. Cela n’a cessé de bouillonner à l’intérieur de l’atelier. Aujourd’hui, quelque chose a besoin de sortir vers l’extérieur. Cela m’évoque des tracés et phénomènes qui appartiennent à la Formulation : « chemins », « racines », « phénomène d’expansion », « jaillissements »…

Arno Stern disait vrai : le Closlieu, qu’on appelle ici l’Éclos, est le lieu de la Formulation. A l’intérieur de l’atelier a lieu l’Expression des tracés de la Formulation. Petit à petit, cette libération  s’exprime aussi dans la vie quotidienne, avec et parmi les autres.
Les autres ne sont plus vus comme des concurrents mais comme des compagnons avec lesquels on désire partager cette liberté retrouvée.

 

L’Éclos, un atelier du Jeu de Peindre
Rencontre avec l’inattendu